Sommet de Cancun : un échec annoncé ?
La 16e conférence annuelle des Nations Unies sur le changement climatique (COP16) se tient à Cancun au Mexique, du 29 novembre au 10 décembre. Depuis le fiasco de Copenhague l’an dernier, l’optimisme n’est plus de mise : l’après-Kyoto ne se décidera pas à Cancun.

Malgré l’optimisme des Mexicains qui accueillent le sommet, plusieurs réunions préparatoires, à Bonn en Allemagne (en juin et août) et à Tianjin en Chine (en octobre), ont donné le ton : les 194 pays qui participeront aux négociations ne sont pas prêts de tomber d’accord, et les ambitions ont été revues à la baisse. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon estimait lors d’une conférence au Parlement européen en octobre qu’ »il est improbable que nous arrivions à un accord global et contraignant à Cancun ».
Le contentieux entre les Etats-Unis et la Chine, principaux émetteurs de CO2 (41% des émissions mondiales) est l’obstacle majeur mis en avant par les négociateurs. Les deux pays se renvoient mutuellement la responsabilité de l’absence d’avancées, et exigent l’un de l’autre des engagements plus contraignants.
Pour Pékin, les pays développés sont responsables de la plupart des émissions de gaz à effet de serre et doivent donc prendre des engagements de réduction. La Chine plaide donc pour un mécanisme permettant aux pays émergents de poursuivre leur croissance et de polluer davantage que les pays développés. Elle s’oppose par ailleurs à tout contrôle international de ses émissions de carbone.
Peu après son élection, Barack Obama avait clairement affirmé sa volonté de rompre avec la politique adoptée par Georges Bush et de rejoindre la communauté internationale dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il était parvenu en juin 2009 à convaincre le Congrès d’adopter un vaste projet de loi sur l’énergie et le climat, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre par l’instauration d’un marché du carbone (« cap-abd-trade »). Mais l’opposition des Républicains au Sénat en juillet 2010 a mis un coup d’arrêt au projet. Et la récente défaite des démocrates aux élections de mi-mandat a réduit à néant les chances d’une législation contraignante aux Etats-Unis dans les prochaines années.
De son côté l’Union européenne se dit prête à s’engager sur une réduction de ses émissions de 30% en 2020 (par rapport à 1990), si les autres principaux acteurs s’engagent eux aussi à des accords contraignants. Mais le Conseil européen fin novembre s’est montré plus pragmatique en proposant simplement la reconduction des engagements du protocole de Kyoto, laissant toutefois la proposition d’une baisse plus importante sur la table des négociations. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso considère en effet impossible un accord international lors du sommet de Cancun.
L’an dernier, la COP15 à Copenhague n’avait abouti à aucun accord contraignant entre les 193 nations réunies. La déclaration finale avait été arrachée in extremis, et comportait comme seuls objectifs la limitation du réchauffement global de la planète à 2°C d’ici à 2050 et la création d’un fond de soutien aux pays en voie de développement de 100 milliards d’euros sur 10 ans. Elle restait néanmoins très évasive sur les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.



ARTE Info – Sommet de Copenhague
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